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Les Elfes, qui sont-ils ?

Les Elfes sont dans nos esprits des êtres majestueux, empreints de magie, de mystère et immortels (ou du moins d’une longévité étonnante). Mais qu’en est-il réellement ? Où commence leur mythe ? Surtout : sont-ils vraiment ce que nous croyons ?

Bonjour les Ouistitis !

Je sais, je sais, je me suis troooooooooop absentée… mais je vous rassure : « me voilà de retour pour vous jouer un mauvais tour » non, là ça fait trop « Pokémon » ! ? Du coup vous avez le choix : soit je vous raconte ce que j’ai fait pendant mes demi-vacances (j’en ai des tonnes à vous dire !), soit je vous parle d’autre chose… alors ? Bon, OK je vais vous parler de créatures fantastiques… (pfff vous n’êtes vraiment pas sympa avec moi !).

Créature du jour, bonjour !

Les Elfes : gardiens de la Nature

En fait, je me rends compte que l’on utilise souvent le mot « Elfe » au pluriel. Serait-ce là une déformation de notre imaginaire que de les percevoir ainsi ? Je crois que oui. Essayez. Fermez les yeux et tentez de projeter un Elfe dans votre esprit. On les imagine toujours comme une grande famille : « à plusieurs, on est meilleurs ! » Grands ? Oreilles pointues ? Avec des arcs peut-être ? Beaux ? Presque immortels ? Des liens avec la magie ? La nature aussi ? Vous le voyez ? Un beau « Légolas » se tient devant vous. (Ne bavez pas trop quand même, les filles !) Ça y est ? Vous y êtes ? Bien. Si je vous disais que tous ces faits sur eux ne sont pas tout à fait vrais ? Que notre imagination « littéraire » a déformé l’image réelle de ces êtres ?

Tout d’abord, il faut savoir que l’origine du « mythe » Elfique est nordique même si on les retrouve aussi dans la mythologie celtique.

Ce mythe est toujours profondément ancré dans le folklore scandinave. Initialement, il s’agissait de divinités mineures, liées à la nature, mais aussi à la fertilité.

C’est, je pense (c’est encore et toujours mon avis personnel), ce qui a sans doute donné naissance par la suite à leur légendaire longévité, mais bien évidemment, je peux me tromper.

Une apparence humaine

Un elfe est une créature anthropomorphe (dont l’aspect est humain) qui à l’origine vivait proche de la nature, était de petite taille et avait les oreilles en pointes. Le terme norvégien « Huldrefolk » désigne le « peuple caché » ou « vetter » un genre de « lutins » liés à la terre, s’approchant davantage des nains de la mythologie nordique que des elfes.
Leur figure sera reprise dans la « fantasy » notamment dans les écrits mythiques de Tolkien qui en fait alors des personnages grands, d’une incroyable beauté, empreints de noblesse et de sagesse.

(Légolaaaaaaaaaaaaaaaas !)

Leur attachement à la nature perdure puisque bien souvent dans les récits, ils vivent dans les forêts. On leur prête aussi d’étonnants pouvoirs magiques ainsi qu’une incroyable longévité. De fait, les humains les perçoivent comme immortels. Ils garderont également leurs oreilles longues et pointues. Ils seraient incroyablement agiles, rapides, doués dans le maniement des arcs et auraient une vue perçante. Ce qui fait d’eux de redoutables chasseurs et d’émérites guerriers.
J. R. R. Tolkien, en parallèle à l’écriture des récits de la Terre du Milieu, a inventé une série de langues elfiques dont l’existence ne se réduit pas à leur mention en narration ; avec d’autres langues non elfiques placées dans le même monde imaginaire, elles forment l’ensemble des langues de la Terre du Milieu.
Une fois adultes, les Elfes ne vieillissent plus, ils ne tombent jamais malades. Seule une blessure grave (ou un profond chagrin) peut les faire mourir. Leur étonnante longévité leur donne une vision du monde (et de la vie) totalement différente de celle des humains. De fait, ils ont tendance à considérer les péripéties à courte échéance avec dédain et indifférence, car ils se projettent forcément sur du « plus long terme ». Néanmoins, lorsqu’ils ont un but bien défini, ils sont tenaces, d’une détermination à toute épreuve. S’ils se lient peu d’amitié, elle est toujours pérenne.

Il paraitrait que les Elfes choisiraient eux-mêmes leur prénom définitif à l’âge adulte (environ 100 ans).

Les Elfes sont généralement plus intelligents que les humains (non, non, je ne ferai pas de commentaire), ou du moins dotés d’une plus grande sagesse. Ils possèdent un savoir ancestral, notamment dans le domaine des arbres, des plantes… Ils vivent en effet très proches de la nature. Ce concept est probablement issu des mythologies nordique et germanique. Je ne veux pas passer pour une radoteuse, néanmoins, il me semble avoir dit plus haut que les Elfes étaient des divinités mineures de la nature. Leurs sens, essentiellement la vue et l’ouïe, sont particulièrement affinés et de loin supérieurs à ceux des Hommes.

La voix des Elfes est parfois comparée au murmure de l’eau. Dans certaines histoires, leur chant a une relation à la magie.

A l’origine…

Dans les textes anciens en norrois (ancien islandais) les Elfes sont nommés « álfar » au singulier « álfr ». Et, dans les langues scandinaves modernes :

  • Islandais : « álfur » – pluriel « álfar », « álfafólk »;
  • Danois : « elver », « elverfolk », parfois « ellefolk », ou « alf » – pluriel « alfer » ;
  • Norvégien : « alv » – pluriel « alver », « alvefolk » ;
  • Suédois : « alv » – pluriel « alver », au féminin « älva » – pluriel « älvor » ;
  • Scots : « elfen ».

D’ailleurs, ce premier mot « álfar » aurait une origine proto-indo-européenne, langue préhistorique qui a donné naissance aux langages indo-européens. (Quoi ? J’me la joue à mort ? Non, même pas vrai !). De fait, le mot « albh » signifiant « blanc » se retrouve par exemple dans le latin : « albus » qui signifie la même chose. Cette « racine » linguistique se retrouve dans les langues germaniques anciennes, mais également modernes : l’anglais (et le vieil anglais), le néerlandais (et le moyen néerlandais), l’allemand (ainsi que les vieux haut-allemand et moyen haut-allemand), le gotique (sans la lettre « H » est une langue morte parlée par les Goths au moyen âge).

La Mythologie nordique

Freyr, dieu de la fertilité dans la mythologie nordique, serait le seigneur des « Alfes (Elfes) lumineux ».

Ce qui nous laisse tout de suite à penser que si le mythe rapporte « des Elfes de la lumière » donc « bienveillant » il doit également exister des « Elfes noirs », donc « sombres ». Quoi qu’il en soit, les Elfes apparaissent de diverses manières dans la mythologie nordique (mais aussi dans la mythologie germanique). Ils sont généralement décrits comme des êtres semi-divins associés à la fertilité (merci dieu Freyr) et au culte des ancêtres.
Le concept « d’Elfe » semble donc similaire aux croyances animistes : tout est pourvu d’âme, d’esprit, même les objets comme une pierre, ou un élément comme le vent. On retrouve à l’identique dans la mythologie nordique, la croyance du « fylgjur » : « l’esprit totem » et du « vörðar » : « l’esprit protecteur ». Les Elfes sont fréquemment comparés aux nymphes de la mythologie grecque et romaine, à Vili (dieu nordique, frère d’Odin) et aux Roussalki (des êtres proches des naïades, des sirènes, des fées ou ondines gréco-romaines) de la mythologie slave.
De nombreux prénoms germaniques sont tirés du nom de l’elfe : Ælfric, Ælfwine, Ælfréd (moderne Alfred), Alberich. C’est aussi le cas de quelques anciens noms français d’origine germanique, tels qu’Auberon et Aubry.
L’historien et mythographe (Mythographe ! Ne pas confondre avec mythomane ! Plus sérieusement, le mythographe étudie… les mythes ! Même pas drôle, je sais) Islandais. Snorri Sturluson fait parfois référence aux Nains nordiques en tant qu’« Elfes sombres » : « dökkálfar » ou « elfes noirs » : « svartálfar ». Ils seraient des forgerons et gardiens de trésors. Mais il s’agit là d’une erreur. Car Nains et Elfes sont deux types de créatures différentes, ne demeurant pas, qui plus est, au même endroit. Les « Elfes sombres » habiteraient en Svartalfheim tandis que les Nains seraient en Nidavellir. Il s’agirait donc d’une croyance tardive. La distinction entre les Alfes clairs (du ciel) et les Alfes noirs (des souterrains) influence la vision de ces créatures. Depuis, les Hommes se méfient des Alfes noirs, alors que les Alfes clairs demeurent bénéfiques.
Les Elfes seraient aussi bien liés au « Æsir » (ou Ases), dieux principaux de la mythologie nordique, qu’aux « Vanir », dieux de fertilité, mais chaque « groupe » aurait ses propres traductions de mots ce qui marquerait la différence de leur statut.

Le folklore européen

Dès les débuts de la christianisation des Germano-Scandinaves, la croyance aux Elfes est assimilée au paganisme (ceux qui ne sont considérés comme ni chrétien ni juif). De fait, cette croyance est sévèrement combattue[. L’Elfe devient alors une sorte de créature démoniaque. Un important amalgame se met en place entre Nains et Elfes.
Les « pixies » britanniques, petites fées ailées, sont assimilées à « l’älvor » en suédois moderne ou « l’alfer » en danois.
Le mythe originel des Elfes s’est perpétué dans le folklore européen comme des êtres majoritairement féminins qui ont établi leurs demeures dans des collines, des tertres (monticules uniquement constitués de terre, couvrant une sépulture) ou des tumulus (monticules de terre et de pierres). Cependant, la croyance au petit peuple est rare en France contrairement aux pays scandinaves.

Folklore des régions germaniques

Le côté « sombre » est ce qui subsiste le plus des Elfes dans le folklore allemand. Leur nature aurait « évolué ». Ils seraient alors espiègles, malfaisants. Ils seraient la cause des maladies du bétail et des gens, des mauvais rêves.

Le mot allemand pour cauchemar, « Albtraum ou Alptraum » signifie littéralement « rêve d’Elfe » et sa forme archaïque « Albdruck » signifie « pression d’Elfe ».

Cet aspect de la croyance Elfique Germanique provient de la croyance scandinave du « mara » : cet esprit maléfique qui provoque les cauchemars.

Elle pourrait également provenir de légendes concernant les incubes (démons qui prennent forme masculine pour abuser des femmes dans leur sommeil) et les succubes (démons qui prennent forme féminine pour séduire les hommes durant leur sommeil et leur rêve).
On trouve une postérité aux Elfes du folklore germanique dans la tétralogie de « L’anneau du Nibelung » du compositeur allemand Richard Wagner.

Il serait rapporté que les Elfes danseraient dans les prés, surtout les nuits et les matins où la brume est dense. Ils laisseraient alors derrière eux des sortes de cercles, à l’emplacement même de leur danse ; on les appelle « älvdanser » : « danses d’elfes » ou « älvringar » : « cercle d’elfes ».

Ce serait ainsi que de nombreuses légendes au Moyen Âge seraient nées : nymphes, dryades, elfes et gnomes en seraient les responsables. Uriner dans l’un de ces cercles est censé provoquer des maladies vénériennes. Typiquement, ces cercles sont tracés par une multitude de petits champignons, mais ils peuvent être également tracés par le dessin d’herbes foulées contre le sol.
Il existerait plusieurs peuples d’Elfes, comme les Hauts-Elfes (ou Elfe de lumière), les Elfes des bois (ou Elfes Sylvains), les Efes gris (ou Elfes de Lune), les Elfes de l’eau (ou ondines)… Les Elfes noirs, ou drows, sont le plus souvent la contrepartie obscure des Elfes.

Quelques œuvres littéraires…

(Liste incomplète)

  • Le Hobbit, Le Seigneur des anneaux, Le Silmarillion, J. R. R. Tolkien ;
  • Les Royaumes oubliés, R-A Salvatore ;
  • Les Annales du Disque-monde, Terry Pratchett ;
  • L’Héritage, Christopher Paolini ;
  • Tara Duncan, Sophie Audouin-Mamikonian ;
  • Les Chroniques de la guerre de Lodoss, Ry? Mizuno (MANGA) ;
  • Les Chevaliers d’Émeraude, Les Héritiers d’Enkidiev, Anne Robillard ;
  • Aïnako, Ariane Charland ;
  • Amos Daragon, Bryan Perro (BD) ;
  • Merry Gentry, L.K Hamilton ;
  • Les légendaires, Patrick Sobral (BD)

Jeux vidéos

  • Warcraft ;
  • The Elder Scrolls ;
  • The Legend of Zelda (appelés Hyliens) ;
  • Final Fantasy ;
  • Dragon Age ;
  • Magic, l’assemblée ;
  • Donjon de Naheulbeuk ;
  • Donjons et Dragons ;
  • Warhammer ;
  • Warhammer 40,000 ;
  • Le monde de Palladium ;
  • Shadowrun ;
  • Heroes of Might and Magic ;
  • The Witcher.

Qu’ils nous provoquent des cauchemars ou qu’ils nous fassent rêver, les Elfes seront toujours assimilés, pour moi, à des alliés ou des représentations de la Nature, ces êtres qui rappellent aux hommes que Mère-Nature aussi à son mot à dire et qu’elle ne laissera pas qui que ce soit la détériorer sans broncher ou répliquer. Les Elfes, au fond, sont les esprits de cette Nature que nous aimons tant et qui nous le rend bien… pourvu que nous  prenions soin d’elle pour qu’elle continue à nous protéger et nous apporter ses bénédictions.

Article rédigé par S-P Decroix, auteure de La Princesse du fond des Temps, aux éditions Lysons.

La Princesse du fond des Temps

Aujourd’hui…

La Princesse du fond des Temps a été récompensée par le Prix Anticipation CEPAL en 2004 

Résumé

Vous voilà propulsé dans un endroit étrange où de mystérieux cavaliers attaquent un village. Heureusement, vous sauvez in extremis une petite fille de leurs mains.

Le lendemain, lorsque vous vous réveillez, vous êtes bien chez vous, essoufflé, certes, mais dans votre lit. Alors que vous savourez d’avance votre dimanche de repos, vous prenez un livre qui retrace, à votre plus grande surprise, les grandes lignes de votre rêve.

Une question se pose à vous alors que le récit de Sokorie vous transporte au royaume d’Aldamar : « S’agissait-il d’un rêve ? »

Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir : s’enfermer à double tour et dévorer cette histoire.

Vous y serez lecteur, acteur… peut-être rêveur ? Maintenant que vous avez commencé à lire, il est temps pour vous de le découvrir !

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Le Phénix : l’oiseau de feu immortel

Bien des mythes, des créatures fantastiques ont traversé des siècles d’histoire et marquent ainsi nos mémoires de manière presque immuable. Il est un animal dont le mythe est aussi vieux que sa longévité légendaire : le Phénix.

Le Phénix : l’oiseau de feu immortel

Bonjour mes Ouistitis !

J’espère que je vous ai manqué ? Oui ? Non ? Tant pis ! Je m’incruste quand même ! Aujourd’hui, je viens vous faire un peu la « causette » au sujet de cet animal qui me passionne tout autant que le dragon.

Le phénix est un oiseau légendaire, ressemblant au héron, qui a une grande longévité qui se caractérise par sa faculté de renaître après s’être consumé de ses propres flammes. Il symbolise ainsi les cycles de mort, de résurrection, mais également de noblesse. Pour ce dernier, je suppose, mais comme d’habitude, il ne s’agit que de mon humble avis, que cela est dû à son aspect majestueux, presque impérial.

Le phénix, ou phœnix, vient du grec ancien φοῖνιξ / phoînix, signifiant : “rouge pourpre”.

Cet oiseau fabuleux serait originaire d’Arabie et rattaché au culte du Soleil dans l’ancienne Égypte, où il était aussi vénéré. Les récits décrivent le phénix comme une sorte d’aigle paré d’un plumage de couleurs éclatantes. Certainement à cause de ce rattachement au culte du soleil. C’est sans doute aussi la raison pour laquelle, il reste dans nos esprits comme « l’oiseau de feu » par excellence. Lorsque nous pensons « phénix » ne pensons-nous pas immédiatement à « immortel » et à « feu » ?

Le phénix peut vivre très longtemps, durant des siècles (le pauvre, il doit s’ennuyer ferme) ; aucune tradition ne mentionne une existence inférieure à cinq cents ans (rien que ça !). Là où le bât blesse pour lui, c’est que du coup notre ami le phénix se reproduit lui-même : quand il sent sa fin arriver, il construit un nid de branches aromatiques et d’encens (il a du goût… ou devrais-je dire de l’odorat), y met le feu et se consume dans ses flammes. Des cendres de ce bûcher surgit alors le nouveau phénix.

Georges Cuvier (anatomiste et paléontologue) voyait en lui le faisan doré. Il a également été identifié aux oiseaux de paradis et aux flamants roses.

Comme pour toute créature mystique et fabuleuse, le phénix a traversé plusieurs civilisations, et donc plusieurs mythes. C’est pour cette raison que l’on retrouve des oiseaux semblables à celui qui est ancré dans notre imaginaire actuel dans les mythologies : persane sous l’appellation de « Simurgh » ou « Rokh », chinoise sous le nom de « Fenghuang » qui signifie « oiseau immortel », amérindienne avec « Oiseau-tonnerre » ou aborigène en Australie avec « Oiseau Minka ».

A travers les mythes

En ce qui concerne le phénix perse, l’oiseau a une connotation de légèreté, de la quintessence des choses et des êtres. Ici, l’animal incarne la pensée opposée à la matière, la recherche intérieure de l’Homme, son « moi profond, son esprit ».

Les phénix égyptiens (le bénou) et grecs sont les plus anciens.

Hérodote (historien et géographe grec) le décrit ainsi :

« Il ne se montre dans leur pays que tous les cinq cents ans […] ses ailes sont en partie dorées et en partie rouges, et il est entièrement conforme à l’aigle quant à la figure et à la description détaillée […] »

Cependant, le point de vue d’Hérodote contient plusieurs incohérences. Notamment l’ensevelissement du père, sachant qu’il n’y en aurait qu’un à la fois.

Les Modernes (qui pensaient que la création littéraire consistait à innover et militaient donc pour une littérature adaptée à l’époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles) le voyaient plus comme le bénou égyptien : héron perché sur la pierre benben, la pierre sacrée du temple solaire d’Héliopolis sur laquelle les premiers rayons du soleil tombent. L’oiseau serait alors l’incarnation de l’âme de Rê ou également la manifestation d’Osiris.

Concernant le phénix romain pour Ovide, Pline et Tacite, le phœnix se décompose pour renaître alors que chez Martial et Stace apparaît le thème du bûcher et de ses épices, par analogie avec les pratiques funéraires des Romains.

L’effigie du phénix figure sur les monnaies de Trajan à Constantin Ier (empereurs romains) et ses fils.

Quels que soient les mythes, le légendaire phénix est intimement lié au feu, soit par un attachement solaire, soit par ses propres flammes.

Et la religion dans tout ça ?

Le Midrash Rabba (ensemble de dix recueils de midrashim aggadiques sur les cinq Livres de la Torah et les cinq Rouleaux) rapporte que, lorsqu’Adam et Ève mangèrent le fruit de l’arbre de la connaissance, tous les animaux mangèrent eux aussi du fruit interdit et que la mort fut décrétée pour eux tous, sauf un seul oiseau appelé Khôl « עוף החול » qui n’en mangea pas. Ce serait la raison pour laquelle le phénix vit éternellement. Et Rabbi Yannai (ou Rabbi Jannai, sage Juif ayant vécu au cours du III° siècle) explique que sa vie se déroule ainsi : il vit une période de mille ans au terme de laquelle un feu jaillit de son nid et le consume ne laissant plus qu’un œuf, et de cet œuf il grandit de nouveau.

Le phénix est aussi un des symboles chrétiens les plus répandus. De nombreuses sources littéraires profanes et chrétiennes évoquent la légende du phénix. Sa symbolique est probablement d’inspiration stoïcienne : le feu éternel détruit tout et fait tout renaître. Il est le symbole de la Résurrection. Les chrétiens ont mis en lumière tout ce qui, dans la nature, pouvait préparer l’acceptation de ce mystère. La légende du phénix y contribue de même que le coq qui annonce le jour nouveau : métaphore pour le chrétien qui attend le jour où le Christ reviendra. Il occupe à partir de ce moment une place de choix sur le clocher des églises.

Que ce soit dans les mythes, la religion, ou même la littérature, le phénix alimente notre imaginaire d’une façon bien marquée. Il est, avec le dragon, une des rares créatures fantastiques à n’avoir pas subi de changement physique réel. Il reste au fil des années tel que nous l’imaginons : une sorte d’aigle flamboyant qui renaît de ses cendres.

Ses traces remontant même à la genèse, vous êtes en droit, mes Ouistitis, de me poser ces questions : a-t-il vraiment existé ? Existe-t-il aujourd’hui ? Bien évidemment, je ne saurais vous répondre. Mais, comme pour nombre d’entre vous, je reste une passionnée de toutes ces créatures merveilleuses. Peu m’importe qu’elles soient réelles ou non, ce qui compte pour moi, c’est qu’elles font vivre notre imaginaire, et, c’est ce qui, au même titre que les sirènes et tous les autres, les rend, en mon sens, véritablement immortelles.


Le Phénix dans les mangas


Le Phénix dans la musique

  • PHÉNIX, le groupe de Heavy Metal français


Le Phénix dans les Sciences


Le Phénix dans la littérature

  • « L’ordre du Phénix », (Harry Potter) JK Rowling, [NB : Fumesck, le phénix de Dumbledore, apparait toutefois avant ce tome.]

  • « Les métamorphoses du phénix dans le christianisme ancien », dans Folia Electronica Classica no 8, Paul-Augustin Deproost.

  • Le Bestiaire du Christ, Milano, Arche, Louis Charbonneau-Lassay.

  • « Le phénix coloré (d’Hérodote à Ambroise de Milan) », Bulletin de l’association Guillaume Budé vol. 1, Laurence Gosserez

  • « La création du monde et le phénix », Laurence Gosserez.

  • « La Conférence des oiseaux »,(conte perse du XIIIe siècle), Soufi Farid al-Din Attar de Nishapur (poète).

  • « La trilogie de Phénix », Bernard Simonay

  • « Cycle des Phénix », Sébastien Pennes

  • « Les gardes Phénix », Steven Brust


A bientôt pour de nouvelles découvertes toujours plus fabuleuses…

S-P Decroix, Auteure de La Princesse du fond des Temps.

Le dragon : un symbole de vie et de puissance !

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d’abord, permettez-moi de me présenter. Je suis S-P Decroix, auteure de « La Princesse du fond des Temps » qui sortira à la rentrée chez Lysons Éditions. Lorsque mon éditeur (Leandro De Carvalho) a demandé à ses auteur(e)s s’ils voulaient participer au blogue de la maison d’édition pour parler littérature, j’ai tout de suite accepté. Mais du coup, mon petit cerveau s’est mis en surchauffe… une fois de plus. Car ce ne sont pas les idées qui manquent pour discuter littérature. J’ai donc refroidi mes neurones (il faut bien si je veux continuer d’écrire) et pensé à toutes les créatures qui peuplent notre imaginaire d’adulte et d’enfant. Mais par lesquelles commencer me direz-vous ? Il y en a tant et tant ! Alors je me suis dit :

” Quoi de plus noble, de plus dangereux, aussi attirant qu’effrayant que LE DRAGON ? “

Symbole de vie et de puissance en Chine, protecteur en Indonésie, protecteur de trésors en Grèce antique ou encore maléfique et ravisseur de princesses en Europe médiévale, cette créature légendaire est souvent représentée comme un animal gigantesque, ailé, pourvu de pattes avec des griffes de lion et une queue de serpent.

Son étymologie latine « draco » est dérivée du grec « drakeîn » venant lui-même du verbe « dérkomai » signifiant « voir clair ».

Plusieurs mythes et légendes autour de cet animal fabuleux se sont mêlés les uns aux autres pour lui octroyer, finalement, sa forme que nous lui connaissons tous aujourd’hui.

En effet, il faut savoir que les dragons occidentaux sont différents des dragons asiatiques. Chez les occidentaux, notamment dans les mythes Greco-romains, Nordiques ou bien Celtes, le dragon est surtout un animal de forme reptilienne (ailé bien sûr), mais surtout crachant du feu, ce qui le lie à l’élément terre. C’est pour cette raison que bien souvent il est attaché à des choses plus « basiques », plus « terre à terre » : il se fait alors le farouche gardien de trésors fabuleux. Dans l’esprit des occidentaux, le dragon est également une créature malfaisante, et du fait de sa forme spécifique, il incarne aussi le mal. C’est pourquoi l’archange Michel le combat.

Les dragons asiatiques sont liés eux aussi aux forces de la nature, mais pas spécifiquement au feu. Combien de récits, et plus précisément de mangas, nous les montrent associés aux autres éléments : eau, air, glace, bois, métal ? En réalité, ici, il est surtout, lié à l’eau. Dans les croyances asiatiques, les dragons ne sont pas non plus des créatures hostiles. Ils ne possèdent pas forcément d’ailes.

Il est le cinquième animal de l’astrologie chinoise (au passage, il s’agit de mon signe), et il est le symbole de la chance. De nombreux Empereurs sont de ce signe et de grandes festivités sont données les années du dragon. Le surnom du très célèbre Bruce Lee est d’ailleurs « Petit dragon ».

La symbolique de ses cornes viendrait de l’astrologie et de sa place dans le classement du calendrier, effectuée lors d’une course sous l’égide soit de l’Empereur de Jade soit de Bouddha.

Toujours est-il que le cochon (ou le porc selon les divergences des calendriers), mu en arbitre, a semé la zizanie parmi les animaux (c’est pourquoi il est relégué à la dernière place) et pour calmer le dragon, le coq lui offrit ses cornes en guise de couronne pour le roi des animaux aquatiques.

Dans tous les cas, ce sont des animaux fantastiques incroyables, d’une intelligence hors norme, doués de pensées, parfois de parole et bien souvent liés à la magie. Il semblerait aussi que les écailles (ou la peau selon les légendes), le sang et quelques fois les griffes (voire les dents) de dragons soient pourvus de propriétés incroyables.

Où trouver des dragons ?

(Liste incomplète car trop, trop longue !!!)

Les livres / mangas :


L’Histoire sans fin, Michael Ende

Le Hobbit, J. R. R. Tolkien

Harry Potter de J. K. Rowling

Tara Duncan de Sophie Audouin-Mamikonian

L’Épée de vérité de Terry Goodkind

Le Trône de fer de George R. R. Martin

L’Assassin royal, Les Aventuriers de la mer et Les Cités des Anciens de Robin Hobb

La Légende de Drizzt de R. A. Salvatore

Fairy Tail d’Hiro Mashima

Dragon Ball, Dragon Ball Z d’Akira Toryama

Jeux


Donjon et Dragon (jeu de société et films)

Rêve de Dragon (jeu de rôle)

Drakkhen (jeu vidéo)

Warcraft (jeu vidéo)

Dragon Age (jeu vidéo)

Et bien d’autres…

Films


Excalibur (1981)

L’histoire sans fin (1984)

Cœur de dragon (1996)

Donjons & Dragons (2000) et Donjons & Dragons, la puissance suprême (2006) : inspirés du jeu de rôle.

Dragons, Dragons 2 (2014) : films d’animation en 3D.

Moi, Arthur, 12 ans, chasseur de dragons[ ](2010)


J’espère que cet article vous aura plu.

À très bientôt !

Article rédigé par S-P DECROIX, auteure de La Princesse du fond des Temps.