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L’interview en 7 questions de la romancière S-P Decroix

Aujourd’hui nous faisons un Zoom sur S-P Decroix, l’auteure qui vient tout juste de publier son roman La Princesse du fond des Temps, qui suscite dès sa sortie (le 9 Août) un vif intérêt de la part des lecteurs, nombreux à avoir pré-commandé leur exemplaire avant sa sortie.

Nous lui avons posé quelques questions afin qu’elle ait moins de secrets pour vous…

1/ Depuis combien d’années écrivez-vous et comment avez-vous commencé à écrire vos premiers romans ?

J’écris des romans depuis mes 16 ans, puisque j’ai 41 ans aujourd’hui, on peut dire que cela fait 25 ans que j’écris. Mais, je dois préciser que j’avais commencé bien avant, en écrivant de la poésie.

2/ Quelle a été votre intention lorsque vous avez écrit La Princesse du fond des Temps ?

Cette question, répond également à la seconde partie de la première.
Lorsque j’ai écrit ce conte fantastique à l’âge de 16 ans, mon tout premier, c’était avant tout pour mes sœurs Emmanuelle et Aurore âgées à l’époque de 12 et 7 ans. Je voulais leur changer les idées, les initier à la magie des rêves. Et à leur âge, quoi de mieux qu’une belle héroïne au caractère revêche en quête d’une aventure extraordinaire ?

3/ Pour vous écrire, c’est…

m’évader, inviter les autres à voyager dans mes mondes, c’est aussi partager, tout simplement.
Je trouve cela merveilleux de me dire que je parviens à faire rêver, à transporter les gens avec moi, “ailleurs”, juste avec des mots… c’est vraiment fantastique.

4/ Quels sont vos points communs avec l’héroïne de votre roman, Sokorie ?

Sans doute ma détermination, car il m’en a fallu du temps, du travail et du courage pour en arriver là où je suis maintenant.

Les obstacles ont été nombreux, je ne doute pas un instant qu’il y en ait certainement d’autres, mais je suis et resterai toujours debout, même s’il m’est souvent arrivé d’en douter. Et cela fait du bien de savoir qu’un éditeur croit réellement en vous. Je ne remercierais jamais assez Lysons éditions pour leur soutien.

5/ Si vous deviez être l’héroïne d’une légende autre que celle de la Princesse du fond des Temps, laquelle serait-elle ?

Il est certain que je ne serais pas une nouvelle “Blanche-Neige” ou “Cendrillon”. J’aime que mes héroïnes soient un peu plus “débrouillardes”. Donc je penserais plutôt à une Légende comme celle de “Mulan“, une aventurière au grand cœur qui a sans doute été une des premières à être dans le combat des préjugés. Elle pourrait être assimilée à la cause féminine, tout comme la “princesse Leïa” de “Star Wars”.

La “force” est avec elles mais pas seulement ; la douceur, l’intelligence aussi, et encore une fois : la détermination.

6/ Vous avez eu de nombreux prix littéraires, comment vivez-vous cette reconnaissance de votre travail et cette notoriété grandissante ?

Oui, je participe à des concours depuis longtemps. C’est toujours émouvant de savoir que votre travail plaît et qu’il est récompensé. Mais je ne pense pas avoir de réelle notoriété. il faut être sage et rester humble car le chemin pour être “reconnu” est caillouteux, et si parvenir au sommet est difficile, tomber est très aisé, au contraire. Je veux donc garder la tête froide et agir avec prudence, sagesse. Par contre, si je peux mettre cette “reconnaissance” au servir de causes justes, je le ferai. C’est d’ailleurs dans ce cadre que je participe à l’événement de la rentrée de la fondation Pièces Jaunes de ma région.

7/ Si vous aviez un seul message à transmettre à vos lecteurs/lectrices, quel serait-il ?

L’espoir est ce qui maintient les peuples humains en dehors des ténèbres. Particulièrement lors d’événements troublants, difficiles, voire atroces. C’est aussi cette flamme fragile qui nous permet de voir “plus loin”. Croyez en vos rêves. Croyez en vous et gardez toujours espoir.

Interview réalisée le 14 août 2017 par Leandro De Carvalho pour Lysons éditions. Merci à Sandrine d’avoir répondu à nos questions ! 

Retrouvez S-P Decroix sur sa page Facebook, ou sur la page officielle de La Princesse du fond des Temps.


 Format STANDARD, 23,5×15,5cm, Noir et Blanc, Pages intérieures crème, couverture brillante, 128 pages.

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Le Phénix : l’oiseau de feu immortel

Bien des mythes, des créatures fantastiques ont traversé des siècles d’histoire et marquent ainsi nos mémoires de manière presque immuable. Il est un animal dont le mythe est aussi vieux que sa longévité légendaire : le Phénix.

Le Phénix : l’oiseau de feu immortel

Bonjour mes Ouistitis !

J’espère que je vous ai manqué ? Oui ? Non ? Tant pis ! Je m’incruste quand même ! Aujourd’hui, je viens vous faire un peu la « causette » au sujet de cet animal qui me passionne tout autant que le dragon.

Le phénix est un oiseau légendaire, ressemblant au héron, qui a une grande longévité qui se caractérise par sa faculté de renaître après s’être consumé de ses propres flammes. Il symbolise ainsi les cycles de mort, de résurrection, mais également de noblesse. Pour ce dernier, je suppose, mais comme d’habitude, il ne s’agit que de mon humble avis, que cela est dû à son aspect majestueux, presque impérial.

Le phénix, ou phœnix, vient du grec ancien φοῖνιξ / phoînix, signifiant : “rouge pourpre”.

Cet oiseau fabuleux serait originaire d’Arabie et rattaché au culte du Soleil dans l’ancienne Égypte, où il était aussi vénéré. Les récits décrivent le phénix comme une sorte d’aigle paré d’un plumage de couleurs éclatantes. Certainement à cause de ce rattachement au culte du soleil. C’est sans doute aussi la raison pour laquelle, il reste dans nos esprits comme « l’oiseau de feu » par excellence. Lorsque nous pensons « phénix » ne pensons-nous pas immédiatement à « immortel » et à « feu » ?

Le phénix peut vivre très longtemps, durant des siècles (le pauvre, il doit s’ennuyer ferme) ; aucune tradition ne mentionne une existence inférieure à cinq cents ans (rien que ça !). Là où le bât blesse pour lui, c’est que du coup notre ami le phénix se reproduit lui-même : quand il sent sa fin arriver, il construit un nid de branches aromatiques et d’encens (il a du goût… ou devrais-je dire de l’odorat), y met le feu et se consume dans ses flammes. Des cendres de ce bûcher surgit alors le nouveau phénix.

Georges Cuvier (anatomiste et paléontologue) voyait en lui le faisan doré. Il a également été identifié aux oiseaux de paradis et aux flamants roses.

Comme pour toute créature mystique et fabuleuse, le phénix a traversé plusieurs civilisations, et donc plusieurs mythes. C’est pour cette raison que l’on retrouve des oiseaux semblables à celui qui est ancré dans notre imaginaire actuel dans les mythologies : persane sous l’appellation de « Simurgh » ou « Rokh », chinoise sous le nom de « Fenghuang » qui signifie « oiseau immortel », amérindienne avec « Oiseau-tonnerre » ou aborigène en Australie avec « Oiseau Minka ».

A travers les mythes

En ce qui concerne le phénix perse, l’oiseau a une connotation de légèreté, de la quintessence des choses et des êtres. Ici, l’animal incarne la pensée opposée à la matière, la recherche intérieure de l’Homme, son « moi profond, son esprit ».

Les phénix égyptiens (le bénou) et grecs sont les plus anciens.

Hérodote (historien et géographe grec) le décrit ainsi :

« Il ne se montre dans leur pays que tous les cinq cents ans […] ses ailes sont en partie dorées et en partie rouges, et il est entièrement conforme à l’aigle quant à la figure et à la description détaillée […] »

Cependant, le point de vue d’Hérodote contient plusieurs incohérences. Notamment l’ensevelissement du père, sachant qu’il n’y en aurait qu’un à la fois.

Les Modernes (qui pensaient que la création littéraire consistait à innover et militaient donc pour une littérature adaptée à l’époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles) le voyaient plus comme le bénou égyptien : héron perché sur la pierre benben, la pierre sacrée du temple solaire d’Héliopolis sur laquelle les premiers rayons du soleil tombent. L’oiseau serait alors l’incarnation de l’âme de Rê ou également la manifestation d’Osiris.

Concernant le phénix romain pour Ovide, Pline et Tacite, le phœnix se décompose pour renaître alors que chez Martial et Stace apparaît le thème du bûcher et de ses épices, par analogie avec les pratiques funéraires des Romains.

L’effigie du phénix figure sur les monnaies de Trajan à Constantin Ier (empereurs romains) et ses fils.

Quels que soient les mythes, le légendaire phénix est intimement lié au feu, soit par un attachement solaire, soit par ses propres flammes.

Et la religion dans tout ça ?

Le Midrash Rabba (ensemble de dix recueils de midrashim aggadiques sur les cinq Livres de la Torah et les cinq Rouleaux) rapporte que, lorsqu’Adam et Ève mangèrent le fruit de l’arbre de la connaissance, tous les animaux mangèrent eux aussi du fruit interdit et que la mort fut décrétée pour eux tous, sauf un seul oiseau appelé Khôl « עוף החול » qui n’en mangea pas. Ce serait la raison pour laquelle le phénix vit éternellement. Et Rabbi Yannai (ou Rabbi Jannai, sage Juif ayant vécu au cours du III° siècle) explique que sa vie se déroule ainsi : il vit une période de mille ans au terme de laquelle un feu jaillit de son nid et le consume ne laissant plus qu’un œuf, et de cet œuf il grandit de nouveau.

Le phénix est aussi un des symboles chrétiens les plus répandus. De nombreuses sources littéraires profanes et chrétiennes évoquent la légende du phénix. Sa symbolique est probablement d’inspiration stoïcienne : le feu éternel détruit tout et fait tout renaître. Il est le symbole de la Résurrection. Les chrétiens ont mis en lumière tout ce qui, dans la nature, pouvait préparer l’acceptation de ce mystère. La légende du phénix y contribue de même que le coq qui annonce le jour nouveau : métaphore pour le chrétien qui attend le jour où le Christ reviendra. Il occupe à partir de ce moment une place de choix sur le clocher des églises.

Que ce soit dans les mythes, la religion, ou même la littérature, le phénix alimente notre imaginaire d’une façon bien marquée. Il est, avec le dragon, une des rares créatures fantastiques à n’avoir pas subi de changement physique réel. Il reste au fil des années tel que nous l’imaginons : une sorte d’aigle flamboyant qui renaît de ses cendres.

Ses traces remontant même à la genèse, vous êtes en droit, mes Ouistitis, de me poser ces questions : a-t-il vraiment existé ? Existe-t-il aujourd’hui ? Bien évidemment, je ne saurais vous répondre. Mais, comme pour nombre d’entre vous, je reste une passionnée de toutes ces créatures merveilleuses. Peu m’importe qu’elles soient réelles ou non, ce qui compte pour moi, c’est qu’elles font vivre notre imaginaire, et, c’est ce qui, au même titre que les sirènes et tous les autres, les rend, en mon sens, véritablement immortelles.


Le Phénix dans les mangas


Le Phénix dans la musique

  • PHÉNIX, le groupe de Heavy Metal français


Le Phénix dans les Sciences


Le Phénix dans la littérature

  • « L’ordre du Phénix », (Harry Potter) JK Rowling, [NB : Fumesck, le phénix de Dumbledore, apparait toutefois avant ce tome.]

  • « Les métamorphoses du phénix dans le christianisme ancien », dans Folia Electronica Classica no 8, Paul-Augustin Deproost.

  • Le Bestiaire du Christ, Milano, Arche, Louis Charbonneau-Lassay.

  • « Le phénix coloré (d’Hérodote à Ambroise de Milan) », Bulletin de l’association Guillaume Budé vol. 1, Laurence Gosserez

  • « La création du monde et le phénix », Laurence Gosserez.

  • « La Conférence des oiseaux »,(conte perse du XIIIe siècle), Soufi Farid al-Din Attar de Nishapur (poète).

  • « La trilogie de Phénix », Bernard Simonay

  • « Cycle des Phénix », Sébastien Pennes

  • « Les gardes Phénix », Steven Brust


A bientôt pour de nouvelles découvertes toujours plus fabuleuses…

S-P Decroix, Auteure de La Princesse du fond des Temps.

Sur les traces des Sirènes : du mythe à la réalité !

Bonjour les Ouistitis,

Entre les animaux légendaires, les créatures nocturnes et les divers personnages qui peuplent notre imaginaire, il existe une autre sorte « d’entités mystiques » : ce sont les êtres hybrides. Moitié-humains, moitié-animaux, ces « créatures » nous permettent bien souvent (dans notre esprit et donc notre subconscient) d’extérioriser nos propres frayeurs, notre propre « bestialité » en donnant à l’humain une apparence justement semi-animale. Ces êtres nous ressemblent, mais sont différents. Avant tout mes Ouistitis, sachez que, concernant les sirènes, il existe deux « mythes » (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?) :

La sirène la plus ancrée dans nos esprits et celle que nous connaissons le mieux est issue du folklore médiéval et scandinave (mythe contemporain) : la sirène mi-femme mi-poisson.

La deuxième vient de la mythologie grecque (mythe antique) où la sirène y est dépeinte comme une chimère mi-femme mi-oiseau.

Pour ces deux mythes, l’origine du mot viendrait du grec : « seirến », et du latin « siren ».

D’une sirène à l’autre

Leur réelle signification

“En général, démons des âmes, démons des morts, génies tutélaires des tombeaux, êtres tour à tour ou à la fois bénéfiques et malveillants, comme le sont bon nombre de personnages de la démonologie antique, les Sirènes sont tout cela, et cet aspect n’est plus contesté depuis les importants travaux de Weicker à ce sujet.”

[Source : Odette Touchefeu-Meynier, “De quand date la Sirène-poisson ?”]

Leur évolution à travers le temps

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Margygr (la « géante de mer »). Ce monstre paraissait grand, avec un visage terrible, un front pointu, des yeux larges, une grande bouche et des joues ridées. Eh oui, on est loin d’Ariel la petite sirène super mimi de Disney… désolée les filles si je viens de casser l’image dont vous vous faisiez d’elle ? … quoi ? Je suis un brin sadique ? Pensez-vous !

D’après Édouard Brasey, un romancier français, ces créatures océaniques se regardent dans un miroir, symbole de la planète Vénus en astronomie. Aphrodite, déesse de l’Amour née de l’écume marine, est souvent représentée avec un miroir d’or. Même si elle n’a pas de queue de poisson,

Aphrodite serait « l’ancêtre des sirènes et la protectrice des marins ».

Comme pour toutes les créatures de notre imaginaire, l’apparence physique que nous leur consentons aujourd’hui est une succession de « transformations » plus ou moins importantes au fil du temps. La sirène nordique, donc, n’échappe pas à la règle !

Dans les bestiaires médiévaux, les sirènes sont décrites comme des femmes « de la tête au bassin » et poissons du « bassin jusqu’en bas avec des griffes et des ailes », fusionnant ainsi les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique. On retrouve leur image gravée sur les stèles, tombeaux ou des églises romanes où elles personnifient l’âme des morts comme dans l’Égypte ancienne.

L’œuvre norvégienne le « Konungs skuggsjá » (Miroir royal en vieux norrois) la décrit comme une créature aimable, ressemblant à une femme jusqu’à la taille, car « ce monstre avait de gros mamelons sur la poitrine, comme une femme ». Elle aurait également de longs bras ainsi qu’une longue chevelure, et son visage semblait humain.

Au VIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles. (Ben voyons !)

Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes (du mythe grec) laissent définitivement la place, du moins dans nos esprits, à une jolie femme à la longue chevelure et à queue de poisson.

Je vous ferai remarquer qu’à l’époque où tous ces mythes imprègnent notre imaginaire, les femmes, ou les êtres féminins ont la plupart du temps les cheveux longs. Je pense, et il ne s’agit que de mon avis (ça y est je recommence à me la jouer à mort ?), que la chevelure, comme les mamelons, sont non seulement un attribut féminin, mais aussi un attribut « sexuel » ayant pour but d’attirer, d’un point de vue purement physique, le « mâle » dans ses… filets… (ouais, je sais, je suis trop forte pour vous amener là où je veux !). Et puis, je peux comprendre que c’est plus agréable pour la gent masculine de regarder une jolie fille même si elle a une queue de poisson (chacun ses goûts) plutôt qu’une humanoïde qui piaille à longueur de temps et s’en va « à tire-d’aile » à la moindre contrariété (quoi ? Alexia a dit je vous rappelle que j’étais blindée d’humour : femme oiseau, tire d’aile, c’est plutôt marrant, non ?). Bref. Je ferme la parenthèse.

Johannes de Cuba, un naturaliste allemand, les fait vivre dans des gouffres au fond des mers. Quant à Jacob Van Maerlant, écrivain flamand, dit qu’on peut aussi bien les trouver dans les mers que dans les rivières. Je suppose que ce dernier s’est reposé sur le folklore de nombreuses légendes européennes qui font état de sirènes, vivant non seulement dans la mer, mais aussi dans les rivières et les petits cours d’eau. [] Elles portent alors le nom de sirènes, mais sont aussi parfois nommées « ondines » (génie des eaux), « nixes » (nymphes) dans les croyances germaniques, « dragas » ou « donas d’aiga » (dames d’eau) en Occitanie, etc.

Notons que les anglophones les appellent siren, les sirènes antiques (mi-femmes, mi-oiseaux), et mermaid, les sirènes scandinaves (avec une queue de poisson).

Les origines et les premières traces…

De de la femme-oiseau à la femme-poisson

La femme-oiseau est apparu vers la première moitié du VIIIe siècle avant J.-C., laissant progressivement la place à la femme-poisson. 

L’origine des sirènes, telles que nous les connaissons, vient probablement de récits de navigateurs ; les marins auraient peut-être confondu les sirènes avec des lamantins (gros mammifères aquatiques [leur tête me fait penser à celle d’un dauphin]) et/ou des dugongs appelés aussi « vaches marines ».

Bon, je ne sais ce que vous en pensez mes ouistitis, mais pour confondre un mammifère marin quel qu’il soit avec une créature féminine (à queue de poisson, on avait compris, merci) il faut quand même soit avoir bu quelques litres d’hydromel, soit… avoir bu quelques litres d’hydromel ! Parce que physiquement, ce n’est quand même pas la même chose !

En 1403, près d’Edam en Hollande, deux jeunes filles auraient capturé un « spécimen ». Il s’agissait en fait d’une femme, trouvée nue dans l’eau et ne parlant aucune langue connue, et qui fut surnommée la « sirène d’Edam ».

Christophe Colomb lui-même rapporte qu’il en aurait croisé trois près des côtes de Saint-Domingue. Déçu, il aurait dit qu’elles n’étaient pas aussi belles que dans les écrits !

(Désolé mon gars, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie : “découvrir l’Amérique” et pêcher du beau poisson). A contrario, des marins américains en auraient vu près des îles Sandwich [Hawaï], (heu… Sandwich comme sandwich au thon ? ok… là, ce n’est pas drôle) « d’une grande beauté qui ne cédait en rien aux plus belles femmes ». Il est de mon avis que ce n’étaient pas les mêmes. Surtout qu’entre les deux « repérages » il y a près de 400 ans d’écart. À moins qu’entre temps les sirènes n’aient embelli.

L’influence d’Ulysse sur leur transformation en femmes-poissons

Un bol mégarien, découvert à Athènes en 1947 dans les fouilles de l’Agora, et une lampe romaine (appartenant au Musée de Canterbury) illustrent un passage du chant où Ulysse est séduit par les filles d’Achéloos et tous deux font de leurs sirènes des femmes à queues d’animaux marins. Et accrochez-vous bien : la lampe date des Ier-IIe siècle après J.-C., et le bol du IIe siècle avant notre ère ! 

La sirène illustrée sur la lampe romaine est une femme à la chevelure longue et bouclée, au torse prolongé, non en une véritable nageoire caudale, mais par la queue en volute, lisse et sans écaille, d’un reptile marin.

[Source : Odette Touchefeu-Meynier, “De quand date la Sirène-poisson ?”]


La légende de la sirène-poisson s’est répandue jusqu’en Haïti où elle porte le nom (aujourd’hui après plusieurs changements au fil du temps) de « Mami Wata » où elle serait assimilée à une sorte de divinité de la fécondation. Mais elle serait aussi la « Mère des Eaux », crainte des pêcheurs, symbole de la mère nourricière et de l’océan destructeur. Le culte de Mami Wata s’est propagé sur la côte atlantique du Togo en passant par le Nigéria, le Cameroun et le Congo.

Aujourd’hui, nous devons notre sirène moderne à Hans Christian Andersen, écrivain danois, grâce à son histoire où la sirène n’est plus la terrible tentatrice, mais devient une héroïne romantique à la recherche de l’amour.


[A savoir : Dans la mythologie grecque, les descendants de Triton, fils de Poséidon, qu’on appelle les “tritons”, sont considérés comme l’équivalent masculin des sirènes. Mais, contrairement à elles, cette classe de créatures marines pouvaient être de sexe masculin ou féminin !]


Entre mythe et réalité

Une figure fascinante

La sirène enflamme les esprits, parfois les cœurs. Elle nous enchante tant par sa voix ensorcelante, que par tous les mythes qui l’accompagnent. (Les filles au pouvoir !) Cependant, les mystères étaient tels que les scientifiques ont tenté de trouver une réponse rationnelle.

Dès le XVI ° siècle, des reproductions « desséchées » ont été exposées dans les foires et musées ! (Berk !) Au XVII ° siècle, aux Pays-Bas, un certain Pavio aurait disséqué une sirène en présence de Johannes de Laet, un médecin réputé, ce qui aurait apporté du crédit à leur existence réelle. La tête et la poitrine étaient humaines cependant, du nombril au pied la créature était informe… mais sans queue.

L’être humain étant ce qu’il est, il est rapporté qu’au XIX°, au Japon, en Inde ou en Chine, des monstres hideux ont été fabriqués avec un buste de singe et une queue de poisson. Il est évident que ce genre de « mutation » ne permet pas, en général la survie de l’enfant.

Quand la science s’en mêle !

En 1758, les sirènes ont fait l’objet d’une courte note dans le Systema naturae de Carl von Linné [] (ouvrage qui fonda la classification scientifique du vivant), mais ce taxon fut rapidement abandonné des classifications scientifiques faute de spécimens ou de descriptions crédibles [].

Bien que l’existence des sirènes ne soit plus envisagée par les scientifiques depuis le XIXe siècle, certains ont continué de s’y intéresser, avec plus ou moins de sérieux, comme l’océanologue Karl Banse.

Selon lui, les sirènes seraient des mammifères marins et n’auraient donc pas d’écailles, et leur corpulence limiterait leur répartition aux eaux les plus chaudes des tropiques, elles auraient un mode de vie agricole (algues, mollusques). Elles compléteraient éventuellement leur régime alimentaire par de la chair humaine, ce qui expliquerait leur habitude de charmer les marins pour les emmener dans les profondeurs.[].

À l’inverse, certaines études se sont intéressées aux problèmes biologiques qui empêchent l’existence d’êtres comme les sirènes. Plusieurs paramètres physiologiques rendent en effet impossible qu’un animal d’une telle apparence puisse être viable, comme, sans rentrer dans les détails, la température, etc. D’autres possibilités scientifiques suggèrent des primates marins, mais il s’agit là d’une autre histoire…

Nous pouvons, comme dans le cas de nombreuses créatures fantastiques, nous demander si oui ou non la sirène (nordique ou non) a réellement existé (ou existe vraiment). Toutefois, s’il parait que manger du poisson nous aide à avoir une bonne mémoire, certains écrits asiatiques rapportent que manger de la chair de sirène rendrait immortel !

Je vous arrête tout de suite ! Ne vous précipitez pas sur les morceaux de poissons panés ou divers burgers à base de poisson, il y a peu de chance pour qu’ils contiennent de la chair de sirène ! Précipitez-vous plutôt sur les livres et divers supports qui rapportent plus ou moins leurs légendes : vous verrez : lire fait du bien autant pour l’esprit que pour la mémoire !

Où les retrouver ?

Littérature :

  • La Petite Sirène, Hans Christian Andersen, 1876.
  • Peter Pan, écrit par J. M. Barrie, 1911 (on y retrouve entre autres des sirènes)
  • Harry Potter et la Coupe de Feu, 2000, des personnages de sirènes sont abordés. (le livre et le film)
  • Mermaid, écrit par Carolyn Turgeon, 2011 (nouvelle littéraire).
  • Le Royaume de Lénacie, écrit par Priska Poirier, 2011 (série d’ouvrages littéraires à succès)
  • La sirène, Kiera Cass et Madeleine Nasalik, 2016.

Films – série TV :

  • La Petite Sirène/Rusalochka, Ivan Aksenchuk, 1968.
  • La Petite Sirène/Malá mořská víla, CSR ; Miroslava Safránková – Sirène et Libuse Safránková, 1976
  • L’Ondine Triste/La Petite Sirène/Russalotschka/Rusalka, Bulgarie/RSS, Vika Novikova – Sirène, 1976.
  • La Petite Sirène, Tomoharu Katsumata, 1979.
  • Splash, 1984.
  • Le Prince et la Sirène, série télévisée, 1995,
  • Sirènes, 2003 (téléfilm).
  • H2O, 2006 (série télévisée australienne)
  • Aquamarine, 2006.
  • Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence, 2011.
  • Mako Mermaids, 2013 (série télévisée australienne)

Mangas – dessin animé – Longs métrages animés :

  • La Petite Sirène, des Studios Disney, 1989.
  • Mermaid Melody, 2003.
  • Mermaidia, 2006 (long métrage d’animation de Barbie)
  • Ponyo sur la falaise, Hayao Miyazaki, 2009.

En nous « plongeant » dans toutes ces archives et ces manuscrits fabuleux (quels qu’ils soient), nous nous approprions, le temps de leur lecture, un peu de cette immortalité qui, à travers toutes ces créatures fabuleuses, traverse les siècles et nous survivra demain…

Les écrits restent, les paroles s’envolent… mais le mystère, lui, règne encore…

A bientôt les Ouistitis !

Article rédigé par S-P Decroix (auteure de La Princesse du fond des Temps) et Leandro De Carvalho (auteur du Petit Chaperon Rouge : un Nouveau Monde).

Les vampires ont-ils réellement existé ?

Les vampires sont des figures emblématiques faisant partie intégrante de notre culture. Ce sont des créatures mythologiques entrées dans la légende depuis la nuit des temps… Découvrez leurs origines et où les trouver grâce à cet article passionnant ! Les vampires ont-ils réellement existé ?

C’est S-P DECROIX qui vous en parle le mieux…

 

Bonjour les filles, les garçons et les ouistitis !

Quoi ? Il n’y a pas de garçons parmi vous ? Ah ! Ah ! Je sais, je sais, même pas drôle ! Alexia m’a dit que j’étais drôle. C’est vraiment sympa de ta part Alexia, mais mon sens de l’humour est à revoir. Du coup, à partir d’aujourd’hui, je vous appellerai « les ouistitis ».

Alors, après mon article sur les dragons je me suis demandé : « Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter aux ouistitis la prochaine fois ? » Ah ! Si vous saviez tout ce qui traverse mon esprit, vous prendriez vos jambes à vos cous ! Bref, revenons-en à nos monstres et diverses créatures.

« De quoi qu’elle va parler la madame ? »

(OK la phrase est super nulle, mais bon, vous devrez faire avec !)

Après avoir jargonné sur le « dragon », j’ai décidé de vous parler « créatures de la nuit », mais laquelle donc ? Non ! Pas John Travolta ! Alors ? Vous avez trouvé ? Oui ? Non ?

Les Vampires !

Les origines

Eh oui, avec leurs dents pointues et leur goût prononcé pour le sang, les vampires sont les créatures de la nuit par excellence ! Les origines de cette créature légendaire se trouvent dans les mythes anciens et divers à travers le monde, mais devenus populaires principalement sur le continent européen.

« Vampire » vient de l’allemand « Vampir », qui vient lui-même du hongrois « vámpir », qui dans la plupart des langues slaves est un mot désignant une chauve-souris.

Le vampire fait partie de la grande famille « des revenants ». Selon les différents folklores et la superstition la plus courante, ce mort-vivant se nourrit du sang des vivants afin d’en tirer sa force vitale. Ses victimes meurent d’avoir été vidées de leur sang ou bien se transforment à leur tour, sous certaines conditions (échanges de sang, mise sous terre avec son « géniteur » en sont quelques exemples les plus connus), en vampire, mais seulement après leur décès : « ils meurent et vivent à nouveau ! »

C’est Arnold Paole, un Serbe, qui est le premier à être dénommé « vampire » au XVIII° siècle.

Vous pensez peut-être que c’est celui que tout le monde surnomme “Dracula” qui fût le premier vampire, mais non… Vlad III Basarab, de son vrai nom, connaît en effet une importante célébrité de son vivant : les marchands saxons de Transylvanie et le roi de Hongrie, Matthias Corvin, le font passer pour un souverain cruel qui empale ses ennemis, ce qui lui a valu des surnoms tels que “L’Empaleur” ou “Drăculea” (“fils du diable” ou “fils du dragon”). Inpiré du surnom de Vlad III Basarab, le personnage du comte de Dracula a été inventé par Bram Stocker pour son roman en 1897, c’est la raison pour laquelle Vlad III Basarab est aujourd’hui assimilé à un vampire, mais il n’en était absolument pas un !

Le mythe contemporain du vampire serait une sorte de « superposition » de plusieurs autres créatures surnaturelles issues des divers folklores européens, plus particulièrement slaves. Sont dénombrés par certains auteurs des êtres précurseurs : tour à tour des esprits, des démons ou des revenants, possédés ou non (liste incomplète) : le « visiteur », l’« affamé », le « cauchemar », l’« étrangleur », le « mâcheur » (ben oui, ils nous mâchouillent gentiment le cou avec leurs petites canines pointues… ok… faut vraiment que j’arrête !) et enfin le revenant à forme animale (Chauve-souris ? hum… no comment).

Les caractéristiques des vampires

Cette créature mort-vivante est universellement connue pour se nourrir du sang des vivants dès la nuit tombée, pour, comme je le disais plus tôt, en extraire leur force vitale et rester immortelle ! En fait, ceci n’est pas tout à fait exact, car il s’agit pour le Vampire de ne plus être soumis à la vieillesse. D’autres éléments du folklore sont bien ancrés dans nos esprits : le cercueil dans lequel il se réfugie le jour pour se reposer et le cimetière : « vamos a la casa » (honnêtement chacun son « trip », moi personnellement, les cimetières la nuit, ce n’est pas mon truc…).

Dans de nombreuses légendes, le vampire se nourrit aussi d’excréments humains et de chair, y compris la sienne : c’est l’automastication qui inclut non seulement sa chair, mais aussi ses vêtements (si vous veniez de manger, je m’excuse). Ce détail-là semble vérifié par d’anciens registres relatant des histoires de linceuls retrouvés mâchonnés. (Je vous avais prévenu : les Vampires adorent mâchouiller).

Bien sûr, ce qui caractérise aussi le Vampire c’est sa légendaire paire de… quoi ? De canines pointues ! (Arrêtez d’avoir les idées mal placées !) L’apparence vestimentaire, elle, se serait bâtie dans le folklore cinématographique et théâtral, notamment sa fameuse cape.

On lui prête également certains pouvoirs mystiques :

il hypnotise ses victimes, les séduit, lit dans les pensées, se change en brume, en chauve-souris, parfois en loup ou, selon les légendes, il les contrôle.

C’est d’ailleurs ce lien particulier avec le loup qui fait que généralement lorsque l’on pense au Vampire, on associe bien souvent le Loup-Garou.

Il paraît que tuer un « maître-vampire » ou un « vampire- géniteur(trice) » libère ceux qu’il a transformés ou bien parfois, ses enfants meurent avec lui.

Le Vampire s’il devient plus puissant, rapide, et résistant avec l’âge, serait « indisposé » par l’odeur de l’ail, du rosier sauvage ou de l’aubépine. Certains objets seraient capables de le repousser : le mythique crucifix, le rosaire, l’eau bénite et le miroir (puisqu’il ne peut pas se refléter dedans). Il ne peut pas non plus marcher sur les sols consacrés (Église, etc.). La légende raconte également qu’un Vampire ne peut entrer dans une maison sans y être invité.

C’est surtout l’ouvrage de Bram Stoker paru en 1897, « Dracula», qui établit son image toujours populaire à ce jour.

Comme le Vampire est un mort-vivant, il est déjà mort ! Donc pour le tuer, il a bien fallu se creuser… la tête ! (Ah ! Ah !) La décapitation bien sûr est le moyen le plus efficace pour l’éliminer, suivi d’un pieu planté dans le cœur, un clou dans la tête (décidément) ou une crémation en bonne et due forme !

Références au Vampire

(Listes incomplètes, vous comprenez bien qu’elles sont trop longues…)


Littérature :

  • Dracula de Bram Stocker.
  • The Vampyre de John Stagg
  • Le Vampire de John William Polidori
  • La Famille du Vourdalak (publié dans Histoires de morts-vivants) de Tolstoï
  • Histoire de la Dame pâle, nouvelle d’Alexandre Dumas (1849).
  • Le Chevalier des ténèbres de Paul Féval (1860)
  • Lokis de Prosper Mérimée.
  • Le Horla (dans sa première version) de Guy de Maupassant
  • Le Parasite de Sir Arthur Conan Doyle
  • Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire d’Anne Rice

Films :

  • Nosferatu le vampire de Friedrich Murnau, en 1922
  • Vampyr, ou l’étrange aventure de David Gray en 1932
  • Le Cauchemar de Dracula, de Terence Fisher en 1958.
  • Le Bal des vampires de Polanski en 1967 (parodie)
  • Les Prédateurs de Tony Scott en 1983
  • Vampire, vous avez dit vampire ? de Tom Holland en 1985 et de Tommy Lee Wallace en 1988 Dracula de Francis Ford Coppola en 1992
  • Entretien avec un vampire de Neil Jordan en 1994
  • Fright Night de Craig Gillespie en 2011.

Séries cinématographiques et télévisées :

  • La saga de Blade
  • La saga Underworld
  • La saga Twilight
  • Buffy contre les vampires
  • Angel
  • Vampires Diaries
  • Supernatural (Ahhhhhh la meilleure des séries en mon sens ! qui compte de nombreuses autres créatures !)
  • True Blood
  • Being Human
  • Le Clan des maudits
  • The Originals (J’adore !)

Mangas / BD :

  • Vampire Hunter D (manga)
  • Vampire Princess Miyu (manga)
  • Vampire Knight (manga)
  • Hellsing (manga)
  • Requiem, Chevalier Vampire (BD)
  • Le Prince de la nuit (BD)
  • 30 jours de nuit (BD)

Jeux :

  • Castlevania (depuis 1986),
  • Legacy Of Kain (depuis 1996)
  • Bram Stoker’s Dracula, en 1993.
  • The Elder Scrolls IV: Oblivion
  • The Elder Scrolls III: Morrowind
  • Dracula : Résurrection, Dracula 2 : le Dernier Sanctuaire, Dracula 3 : la Voie du Dragon
  • La Mascarade (jeu de rôle)
  • La Fureur de Dracula (jeu de plateau).

Nous ne saurons sans doute jamais vraiment si les vampires ont existé tels qu’on nous les décrit, mais y a-t-il de la fumée sans feu ? Une chose est sûre : ceux qui ont inspiré ces créatures ont bel et bien existé, mais sans doute ont-ils renoncé à leur immortalité pour pouvoir se reposer en paix ! Leur légende, en tout cas, elle, continue de perdurer dans le temps… pour l’éternité !

Article rédigé par S-P DECROIX.

Un grand mystère : d’où vient l’écriture ?

L’écriture : la mystérieuse invention qui a permis l’évolution !

Imaginez-vous un monde sans écriture… Impossible, me diriez-vous ! Et pour cause : nous en avons besoin tous les jours ! Voyons maintenant comment elle est née et tous ses bienfaits sur l’humanité…

L’article sur le Fantastique vous a beaucoup plu, j’en suis ravie. Il s’agissait d’évoquer les origines d’un univers qui porte la saga Nayra. Partant sur cette lancée des origines, j’aimerai évoquer avec vous aujourd’hui celles que nous affectionnons particulièrement, lecteurs et auteurs : l’écriture.


Qu’est-ce que l’écriture ?

Commençons par les basiques : qu’est-ce que l’écriture ? Il s’agit d’un moyen de communication, représentant le langage, à travers l’inscription de signes sur divers supports. Chaque culture possède sa propre graphie, mais respecte une même structure : le vocabulaire, la parole, la sémantique, la grammaire. Un système d’écriture est une méthode organisée et basée sur une langue pour conserver et transmettre des messages. Ces systèmes peuvent être classés en trois catégories : sémasiographies (bien que les spécialistes ne s’accordent pas à les considérer comme des écritures), écritures logographiques et écritures syllabiques.

D’où vient l’écriture ?

Selon certains, la Préhistoire se termine avec la naissance de l’écriture. Historiquement, l’écriture est née il y a 6000 ans, en Mésopotamie et en Égypte, et de manière presque simultanée, mais toutefois différenciée. Cependant, le développement récent des études de littératies mène à réévaluer les dates d’apparition de l’écriture. Le développement de l’écriture a sans doute été influencé par des exigences pragmatiques telles que la codification des lois, l’échange d’informations, l’enregistrement de l’histoire, la tenue des comptes financiers. Ainsi, l’écriture a permis la conservation de l’Histoire.

L’alphabet est un système d’écriture, composé d’un ensemble de symboles. « Les plus anciennes traces de l’ancêtre de tous les alphabets actuels se situent dans le désert du Sinaï aux alentours du xve siècle av. J.-C » (source Wikipédia).


Quelques auteurs de fantasy et de science-fiction ont inventé un alphabet imaginaire pour développer leurs univers : le tengwar (Le Seigneur des anneaux, J.R.R. Tolkien), l’énochien (John Dee)…

Certains systèmes religieux voyaient dans l’écriture une menace pour la transmission orale et l’ordre existant. D’ailleurs, selon un ancien mythe égyptien repris par Platon dans le Phèdre, l’écriture et le langage auraient été inventés par le dieu Thot , surnommé le “seigneur du temps” ; considéré comme celui qui détient le savoir et qui le transmet, comme l’incarnation de l’intelligence et de la parole, chargé de transmettre ses connaissances illimités, il aurait pour ce faire inventé l’écriture ! L’écriture aurait ainsi pour objectif de remettre de l’ordre, notamment en formant des systèmes juridiques, de conserver l’Histoire et de diffuser la connaissance.


L’impact de l’écriture

L’écriture a eu un fort impact culturel et social. Ces effets seront multipliés avec la mécanisation de l’écriture par l’imprimerie. Il n’y a qu’à constater tous les ouvrages qui se vendent par millions dans le monde et qui ont une influence considérable dans notre culture et notre manière de penser la vie et le monde.

La Bible, par exemple, s’est écoulée à plus de 2500 millions d’exemplaires à travers l’histoire ; Le Petit Livre rouge s’est vendu à plus de 900 millions d’exemplaires et le Coran à plus de 800 millions d’exemplaires ! Ces trois livres sont les plus vendus au monde depuis des siècles et n’ont jamais été détrônés jusqu’à ce jour ! Ces écrits ont des conséquences directes sur notre mode de vie, notre façon de penser et d’agir.

Selon les linguistes, sur environ 3000 langues répertoriées dans le monde, à peine une centaine s’écrivent.


En conclusion, je trouve passionnant de se dire que malgré les technologies dont nous disposons, nous ne sommes, à l’heure actuelle, sûrs de rien en ce qui concerne l’apparition de l’écriture. Chaque nouvelle découverte peut remettre en cause des pans d’histoire que nous tenions pour acquis.  Aujourd’hui encore, l’écriture reste donc un grand mystère car nul ne sait vraiment comment elle est apparue… seule certitude : sans elle, nous aurions bien du mal à expliquer l’univers, la vie et le monde, à communiquer, à immortaliser nos souvenirs, à nous divertir, à exprimer nos émotions, nos sentiments, développer notre imagination et laisser des traces pour aider les futures générations, car l’écriture est ce qui fait de nous des êtres humains à la pointe de l’évolution.

« L’écriture est la peinture de la voix », Voltaire.

Article rédigé par Maud Wlek (Auteure de Nayra).