Le manuscrit de Voynich : un ouvrage bien mystérieux

Le manuscrit de Voynich : j’ai toujours été fascinée par cette énigme. Fan inconditionnelle du fantastique et du mystérieux, il ne pouvait en être autrement. Ce manuscrit est un secret à lui tout seul, pages après pages, gardant jalousement la moindre parcelle de vérité. Lara Croft et Sydney Fox se l’arracheraient volontiers, pour tenter de mettre à jour sa véritable histoire – Indiana Jones, lui, semblant l’avoir déjà fait…

Comment un simple bloc de feuilles, reliées entre elles, peut-il susciter tant d’émerveillement et de mystères à la fois ?

Après tout, ce n’est qu’un livre ! Oui, mais justement :

Quel est ce livre ? Son but ? Quand a-t-il été écrit ? Qui en est l’auteur ?

Encore aujourd’hui, toutes ces questions restent en suspens, perdues entre mysticité et théories plus terre-à-terre. Pourtant, malgré ces nombreuses hypothèses, tous les doutes restent permis. Voilà ce qui fascine tant.

La découverte du manuscrit

Le manuscrit porte le nom de celui qui l’a découvert en 1912, près de Rome, dans une congrégation religieuse romaine : Wilfrid M. Voynich. Constitué de 234 pages, ce livre est réalisé en vélin (peau de veau mort-né, travaillé en parchemin). Il semblerait, d’après la pagination, qu’il manque à l’ouvrage 13 folios. Vraisemblablement, ces derniers étaient déjà manquants lors de l’acquisition du manuscrit par Voynich. Écrit dans une langue totalement inconnue, l’ouvrage contient de nombreuses illustrations, principalement de plantes, non identifiables.

Une analyse au carbone 14 a démontré que sa fabrication avait eu lieu entre 1404 et 1438. Mis à part ce que l’on sait grâce à nos technologies, le manuscrit n’apparait dans l’histoire qu’en 1665. En effet, dans une lettre datée de cette époque, Jan Marek Marci (scientifique et philosophe) indique que le livre a été acheté par Rodolphe II du Saint-Empire (prince de la maison d’Autriche – grande famille royale). D’après une étude de correspondances, le propriétaire le plus ancien de cet ouvrage était Georg Baresch, un alchimiste vivant à Prague au XVIIe siècle. D’après l’hypothèse avancée, le manuscrit sera détenu par le Collège romain entre 1648 et 1912.

Les seuls signes reflétant l’ancienneté du manuscrit de Voynich – le texte demeurant incompréhensible – se trouvent dans les illustrations, plus spécifiquement dans les robes et coiffures des personnages, ainsi que dans les deux châteaux apparaissant. Ces éléments sont d’ailleurs caractéristiques du style européen, entre 1450 et 1520. Bien que ces illustrations restent mystérieuses, elles ont été classées par les chercheurs en six sections :

  • Herbier ;
  • Astronomie ;
  • Biologie ;
  • Cosmologie ;
  • Pharmacologie ;
  • Recettes.

Même le cryptologue américain William Friedman, connu pour avoir déchiffré avec succès le code utilisé par l’armée Japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale, échoua dans sa tentative pour comprendre le manuscrit de Voynich.

Les principales théories

Le manuscrit de Voynich serait un ouvrage encyclopédique recensant des plantes à usages thérapeutiques, ainsi que des substances d’origine animale et minérale.

Certaines hypothèses avancent qu’il s’agirait d’une recette médiévale pour créer la pierre philosophale.

En 1970, un cryptographe de l’US Navy affirmait que l’ouvrage avait été rédigé par plusieurs auteurs. Cette conclusion a récemment été remise en question par un expert en écriture.

De nombreux auteurs ont été attribués à ce livre, certains ayant été écartés récemment grâce aux datations au carbone 14, d’autres par les résultats de recherches – et pour quelques-uns, le mystère demeure : Roger Bacon (auteur écarté, mais longtemps évoqué), John Dee, Edward Kelley, Anthony Ascham, Jacobus Sinapius, Jan Marci, Raphael Mnishovsky, Wilfrid Voynich (également écarté, grâce à une correspondance datée de 1639).

Un manuscrit indécodable

Le manuscrit serait écrit dans une langue européenne, cachée intentionnellement à l’aide d’un codage lettre à lettre.

Les mots seraient codés de telle sorte qu’il faille les retrouver grâce à un dictionnaire ou un tableau de chiffrement.

Une bonne partie du texte n’aurait aucun sens, dissimulant des informations dans des détails passant inaperçus.

Le langage utilisé serait inventé de toutes pièces.

Le linguiste Jacques Guy a suggéré que le manuscrit utilisait un langage naturel exotique, écrit avec un alphabet inventé. Cette théorie serait la plus cohérente, et historiquement vraisemblable.

Le manuscrit viendrait du Mexique et non d’Europe, certaines plantes paraissant ressembler à des espèces Mésoaméricaines.

Nombreux sont ceux à penser que ce manuscrit est purement une imposture. Toutefois, cette hypothèse a été écartée par toutes les études menées sur l’ouvrage.

Le manuscrit de Voynich, très fragile, suscite tant de curiosité dans le monde que la bibliothèque Beinecke où il est conservé (université de Yale, États-Unis) a décidé de céder – à une somme tenue secrète – les droits de reproduction à une maison d’édition espagnole, spécialisée dans la publication de fac-similés manuscrits anciens. Ainsi, 898 répliques seront produites, pour un prix de 7000 à 8000 euros chacune. Pour la fabrication du premier fac-similé, le processus prendra pas moins de dix-huit mois.
Sceptiques et plus convaincus doivent tous admettre un fait : le manuscrit de Voynich recèle bien des mystères. Car aux questions “qui ?”, “quand ?”, “où ?”, “pourquoi ?”, nul ne peut répondre avec une absolue certitude.

Et vous, êtes-vous subjugués par les secrets que cache cet ancien ouvrage ? Quelles sont vos théories ?

Article rédigé par Maud Wlek (Auteure de Nayra).

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