Le fantastique : un registre subtil, engagé et révélateur !

Grande adepte de ce registre en particulier, tant en lecture qu’en écriture, je suis ravie de pouvoir vous en dire un peu plus sur le fantastique.

Les différents genres littéraires

Tout d’abord, faisons un point global. Il existe plusieurs genres littéraires :

  • poétiques,
  • narratifs,
  • théâtraux,
  • épistolaires,
  • argumentatifs,
  • descriptifs,
  • graphiques
  • et expérimentaux.

Chacun compte des sous-genres et des registres. Si vous désirez en savoir plus sur le sujet, je vous invite à consulter cette page qui vous détaillera parfaitement les divers genres, sous-genres et registres en littérature : En savoir plus.

Ainsi, le fantastique est un registre, classé dans le genre narratif. Jusque-là, vous me suivez ? Parfait. Il n’est pas aisé de s’y retrouver, je vous l’accorde…


Le fantastique : entre magie et réalité !

Entrons maintenant dans le vif du sujet : le fantastique. Dans ce registre littéraire, le surnaturel s’introduit et évolue dans un cadre réaliste. Le héros a une réaction de rejet ou de peur face aux évènements surnaturels auxquels il se retrouve confronté. À ne pas confondre avec la fantasy ou le merveilleux. Dans la fantasy, comme dans le merveilleux, le surnaturel est accepté et souvent utilisé pour définir les règles d’un monde imaginaire ; l’imaginaire évoqué est perçu comme une norme et s’éloigne considérablement de notre réalité… (Le Seigneur des Anneaux, Le Trône de fer, Harry Potter…).


Les origines du fantastique

Définition donnée, passons aux origines du fantastique. La véritable source de ce genre est le roman gothique anglais, apparu fin 1785. À cette époque, les auteurs créent dans leurs œuvres une atmosphère d’horreur plus prononcée, propulsant les lecteurs dans une interrogation commune : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? En France, les auteurs s’inspirent de ces romans et proposent des œuvres dites « frénétiques » (ou qu’on qualifie de « roman noir »), incluant dans ces dernières le goût pour le macabre ou l’horreur. Le romantisme frénétique rejette ainsi l’esprit des Lumières, tout comme la rigueur classique de l’époque.

Finalement, fort de ces influences, c’est en Allemagne que naît véritablement le registre fantastique, au début du XIXe siècle, grâce à l’écrivain Adelbert von Chamisso. Mais c’est Hoffmann (Ernst Theodor Amadeus Hoffmann) qui aura une influence universelle sur ce registre. D’ailleurs, c’est par ses contes, traduits en français dans les années 1830, que le Fantastique connaîtra un véritable essor en France. De grands auteurs s’y sont essayés : Honoré de Balzac, Théophile Gautier ou encore Guy de Maupassant. À noter que le registre fantastique a souvent été utilisé pour contourner la censure, et pour diffuser, par exemple, des critiques politiques ou certaines revendications sans craindre d’éventuelles représailles.


Un registre subtil, engagé et révélateur !

Le propre du fantastique serait de révéler des choses habituellement cachées et que nous ne voulons pas voir.

Selon Lovecraft, le fantastique doit provoquer une peur afin de générer une catharsis (le fait de libérer ses émotions refoulées) chez le lecteur. Ainsi, les manifestations surnaturelles dans le fantastique sont la plupart du temps néfastes, mais c’est, paraît-il, pour notre bien ! Moi, je ne m’en lasse pas !


Où trouver le registre fantastique dans les livres ?

De manière non exhaustive, je vous cite ici quelques-unes des œuvres littéraires, dans le registre fantastique, les plus connues ou qui ont eu un impact dans l’apparition de ce registre :

  • Château d’Otrante, Horace Walpole, 1764 (inaugure le genre du roman gothique) ;
  • Vathek, William Beckford (l’un des principaux romans de tendance frénétique, écrit en français par un auteur anglais en 1786) ;
  • Les Élixirs du Diable, Hoffmann, 1815 ;
  • L’élixir de longue vie, Honoré de Balzac, 1830 ;
  • Le Meneur de loups, Alexandre Dumas, 1857 ;
  • Le Horla, Guy de Maupassant, 1887 ;
  • Celui qui hantait les ténèbres, H.P Lovecraft, 1935 ;
  • Shining, l’enfant lumière, Stephen King, 1977 ;
  • Journal d’un vampire, L.J.Smith, 1991 ;
  • Twilight, Stephenie Meyer, 2005.

Pour conclure, je vous révélerai ce que j’aime à penser :

le fantastique, c’est être libre, tout en gardant un petit peu les pieds sur Terre…

Article rédigé par Maud Wlek (Auteure de Nayra).

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